C’est un véritable cri du cœur qu’ a lancé hier mardi par Modou Diagne Fada, ministre de la Santé et de la Prévention pour dénoncer avec la dernière énergie le trafic de moustiquaires imprégnées destinées gratuitement au Programme national de lutte contre le palu. A l’occasion il a menacé de poursuivre les auteurs de cette pratique inhumaine et annoncé plusieurs autres mesures dont le refus par ses services d’administrer gratuitement des soins à tout malade qui aura entretenu le paludisme jusqu’au stade suprême de neuro-palu.
En faisant le bilan de la campagne de lutte contre le paludisme et des maladies hivernales, le ministre de la Santé et de la Prévention a confirmé les instructions fermes données aux responsables de structures de soins au niveau national, en l’occurrence les districts sanitaires, les postes de santé, cases de santé, hôpitaux, pour que les paludéens soient pris en charge gratuitement. Dans cette croisade contre le fléau, les autorités avaient également pris des mesures en mai 2010 pour assurer la gratuité du traitement de paludisme par les ACT.
Hier, accompagné par les responsables du Programme national de lutte contre le paludisme, le ministre a rencontré des responsables sanitaires du département de Pikine et des autorités locales et a pris à témoin la presse en annonçant de nouvelles mesures de répression contre les spéculateurs et trafiquants de moustiquaires imprégnées. Il est ensuite revenu sur la caravane qui a permis de sensibiliser et d’informer les populations de huit localités du pays considérées comme des zones rouges : Pout, Bambey, Touba, Kaolack, Kaffrine, Koumpentoum, Tamba et Pikine. Grâce aux différentes équipes déployées à travers le pays, la campagne a permis de faire consulter 4586 personnes dont 199 cas de paludisme. La banlieue de Dakar a enregistré le plus de cas, soit 3698 personnes consultées dont 182 paludéens. Elle est suivie par Touba qui a confirmé 10 cas sur les 329 personnes consultées. Aucun cas de décès n’a cependant été enregistré dans toutes ces localités en question, selon le ministre de la santé qui a soutenu que le Sénégal en est aujourd’hui à la croisée des chemins en ce qui concerne la lutte contre le fléau.
Un tournant qu’il faudra, dit-il, bien gérer pour vaincre le paludisme et réduire de manière drastique le taux de morbidité et de mortalité. Ainsi, ceux qui seront atteints de neuro palu par négligence ne bénéficieront pas de gratuité de soins. Les personnes atteintes de paludisme et qui se sont faites diagnostiquées à temps seront entièrement prises en charge et gratuitement par les structures sanitaires de la place. Par contre, tous ceux qui par négligence auront laissé la maladie évoluer jusqu’atteindre le stade de neuro-paludisme ne bénéficieront pas de la gratuité des soins, selon toujours le ministre.
Cependant, pour rester vigilant et éviter toute forme de défaillance dans le dispositif en place, le ministre s’est rageusement élevé contre le trafic de moustiquaires imprégnées octroyées par le programme national de lutte contre le paludisme. Contre ces pratiques et leurs auteurs, il a proféré des menaces ouvertes de poursuite devant la justice. C’est d’ailleurs au delà de cette mise en garde, qu’il a adressé remerciements et motions de reconnaissance des populations et du gouvernement aux partenaires au développement qui se sont largement impliqués dans cette grande offensive contre le paludisme, notamment le fonds mondial, l’Usaid, Rock Back Malaria, Intra Helt International, Net Works, No More et Oms.
Plusieurs autres mesures d’accompagnement au programme hivernal ont été annoncées par le ministre de la santé. C’est ainsi que 89 agents de service national d’hygiène ont été recrutés et déployés dans les structures sanitaires. Pour ce qui est de l’équipement, 6 véhicules neufs ont été mis à la disposition des brigades nationales d’hygiènes en vue du renforcement de la lutte contre le paludisme et les maladies liées à l’eau. A cela s’ajoute la campagne de saupoudrage démarrée à Wakhinane (Guédiawaye) et qui devra se poursuivre jusqu’au 10 octobre prochain au niveau national afin de mieux combattre les moustiques et autres larves hivernales. C’est dans ce sens que le ministre a interpellé son collègue du cadre de vie, pour une synergie d’actions gouvernementales et à intervenir pour nettoyer et enlever les ordures afin de mieux réduire les risques de maladies.
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