L’AFFAIRE DU SABLE CONTAMINE AU PLOMB

Le plomb contaminé du village de Ngagne Diaw (commune d’arrondissement de Thiaroye) continue de faire peur aux populations de Mont Rolland. Cette affaire du sable contaminé qui a défrayé la chronique des habitants de Mont Rolland ces derniers mois est en voie de trouver une issue. Après les manifestations des populations de ce village et de ses autorités locales, la Direction de l’environnement a mis en place un dispositif pour une évacuation prochaine de ce sable contaminé vers la Chine.

Ngagne Diaw, village du monde. Sous le soleil chaud de septembre cette localité du tiers monde est entrée dans l’histoire du péril environnemental. Il est 13 heures sinon un peu plus quand le lieu accueille le groupe venu lui rendre visite quelques jours après l’affaire du sable contaminé au plomb. Des jeunes garçons chantent tout en étant à la corvée. Sur ce lieu devenu insalubre, s’entassent des tas de sable contaminés sur lesquels on peut voir des feuilles pousser.

Tout juste à côté, une centaine de sacs remplis de ce sable qui, selon, les ouvriers trouvés en place qui doivent être évacués dans un endroit que tous disent ignorer. Deux groupes de sept à huit personnes tous habillés de la même façon (bottes, gang, blouson, masque), remplissent les sacs de ce sable contaminé. Pour le groupe composé de sept (07) personnes en majorité habitants de Montrolland sont au courant de cette affaire. Ce groupe remplit les sacs en chantant.

Ils ignorent pour l’essentiel les dangers qui sont dans ce sable contaminé. Comme le montre ce jeune d’une vingtaine d’années qui dit ne pas vouloir porter son équipement parce qu’il fait chaud. Ousseynou Gueye, un des ouvriers trouvé sur le site, pelle à la main, masque sur la bouche, dans une tenue bleue avec des rayures blancs, renseigne qu’il a été mis au courant de cette affaire (ici sous la forme d’un boulot) par le biais d’un ami.

Et comme il est jeune, il peut user de sa force moyennant 3000 francs Cfa par jours. Selon Ousseynou Gueye, « nous commençons le travail à 8heures pour arrêter à 16heures et comme nourriture, nos employeurs nous donnent des biscuits et de l’eau à boire ». Pour Mamadou Niang, élève en classe de 1ere S au Lycée Malick Sy de Thiès, « il faut rappeler que nous déboursons 700 des 3000 francs qu’on gagne pour le transport aller et retour entre Thiès et Mont Rolland ».

Mamadou Niang de nous faire part qu’il ignorait que ce sable avait fait des morts à Thiaroye. Avant de rappeler qu’il le fait pour aider ses parents et pour pouvoir acheter ses propres fournitures scolaires.

La crainte justifiée des populations

Dans le village de Mont Rolland où une psychose s’était installée depuis l’annonce du transfert du sable contaminé au Centre d’enfouissement technique (Cet), les habitants vaquent à leur préoccupation. Rien ne laisse croire que les populations se soucient de ce sable contaminé. Pour Michel Guèye, natif de Mont Rolland, âgé d’une quarantaine d’années, entrain de jouer au jeu de Dame, chapeau de paille à la tête, se dit préoccupant par le fait que « les autorités qui ont pris la décision d’apporter ce sable dans leur village ne les respectent pas. »

Parce que selon notre interlocuteur, « ce n’est pas imaginable de transférer un produit meurtrier dans un autre village quelque soit la distance qui sépare ce site de la population ». Même son de cloche pour le vice président de la communauté rurale de Mont-Rolland, Henry François Faye. Selon lui, « nous détestons vraiment cet acte. C’est pour cela qu’on avait décidé de marcher aujourd’hui (lundi 13 septembre) pour contester contre cet acte qui est incorrect devant une population ». Mais dimanche dernier, « on a reçu la visite du directeur de l’environnement et on a discuté des conséquences que peuvent entrainer le sable contaminé ». Ainsi, j’informe les autorités étatiques que « la population de Mont-Rolland ne veut plus entendre de discours, ce qui l’intéresse c’est que le sable contaminé quitte notre village », martèle le vice président de la communauté rurale de. Mont Rolland.

Henry François Faye de rappeler que « le plomb est dans notre communauté rurale, donc nous sommes exposés en même tant que le bétail. Il y a les animaux qui vont vers ce site et si le bétail est contaminé nous allons être exposés à ce danger. Il y a aussi l’eau qui coule à partir du site pour venir dans le bassin de rétention de Mont Rolland qui est empoissonné par le ministre de l’Environnement. » Ainsi, si nous utilisons ces poissons là « nous pouvons être contaminés. Il y a aussi les nappes d’eau qui passent par Mont Rolland pour aller à Dakar et si cette nappe est polluée, ce sera un danger pour nous tous », nous fait part Henry François Faye, vice président de la communauté rurale de Mont-Rolland.

Notre interlocuteur d’ajouter que, « nous n’allons pas attendre qu’il ait mort d’homme pour réagir. Comme dit l’adage mieux vaut prévenir que guérir, c’est la raison pour laquelle chaque jour on montre notre désaccord concernant le site qui doit abriter le sable contaminé ». Henry François Faye d’annoncer que d’autres plans d’actions sont prévus et ceci en concertation et en collaboration avec les populations.

Les assurances de la Direction de l’environnement

Des actions qui ne valent pas la peine si on en croit au directeur de l’Environnement et des établissements classés : Cheikh Ndiaye Sylla. Selon lui, « ce sable, ne contient qu’un pourcent (1%) de plomb. Il n’est plus dangereux comme ont tenté de le faire croire certaines personnes. Mais, poursuit-il, puisqu’il y a la psychose, la peur de la mort s’est emparée des populations de Mont Rolland, le gouvernement a décidé de transférer le sable ». A l’en croire, « ce plomb là provient de l’extraction du plomb dans les batteries ; mais dans cette extraction, il y a eu des résidus qui ont été mélangés au sable et ce sable là, les enfants continuent à y jouer, à y marcher. Pour diminuer la psychose chez les populations on a retenu de décaper, de remettre du sable de dune et d’apporter le sable décapité à Mont Rolland. On l’a apporté dans ce site que le ministère de l’Environnement connaît bien »

C’est un Centre d’enfouissement technique (Cet) de Mont Rolland, que nous avons construit qu’on n’a pas encore finalisé, mais sécurisé loin de la population parce qu’il y a une psychose causée par ce sable contaminé de plomb qui a causé la mort de 18 enfants en 2008. A propos du retard apporté pour l’évacuation du sable contaminé en direction de la Chine, le directeur de l’Environnement de renseigner que « pour apporter ce sable contaminé, il faut des moyens et du personnel qu’il faut mettre en place. Nous sommes venus avec assez de sacs pour évacuer les 2000 m3. La prochaine étape, c’est de venir avec des conteneurs pour évacuer ce sable dans un pays qui va les traiter. Et tout cela va couter 200 millions, un montant qui n’est dans le budget du ministère de l’Environnement. Mais les autorités de l’Etat s’y attèlent pour mobiliser cet argent pour transporter ce sable loin des populations de Mont Rolland. Dés que les sacs seront prêts on pourra les mettre en conteneur pour les évacuer en Chine ».

Commentaires

commentaires

COMMENTAIRES

Votre Email ne sera pas publié. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*


× 8 = quarante