Sans gêne. Me Wade vient de désavouer son Premier ministre, sur le dossier de l’interdiction de la mendicité, accédant ainsi à la pression des maîtres coraniques. Le président de la République a pris hier, la décision, en Conseil des ministres, de lever l’interdiction de la mendicité, sous le prétexte que « l’aumône est une pratique recommandée par la Religion ». Il vient ainsi de prendre le contre-pied de son propre gouvernement qui avait annoncé, en grande pompe, à son absence, la mesure.
Le Président de la République, Me Abdoulaye Wade a pris la décision de revenir sur la mesure gouvernementale interdisant la mendicité à Dakar. Hier, en Conseil des ministres, le Chef a fait machine arrière en désavouant son Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye. Le communiqué du Conseil des ministres du jeudi 7 octobre souligne que « le Président de la République, considérant que l’aumône est une pratique recommandée par la Religion, a exprimé son désaccord par rapport à son interdiction ». Même « s’il a préconisé la rationalisation de cette pratique par une mutualisation de l’aumône au niveau national ». Dans ce cadre, il a demandé au Premier Ministre de réfléchir sur « cette mutualisation de l’aumône en impliquant le Ministre délégué chargé des Droits de l’Homme, le Ministre Conseiller chargé des Affaires Religieuses, les Guides Religieux, les Maîtres coraniques et les bonnes volontés ».
Par ailleurs, concernant justement les maîtres coraniques, le Président de la République a demandé au Gouvernement « d’examiner les voies et moyens pour leur accorder une subvention en vue de leur permettre de s’acquitter convenablement de leur devoir d’éducateur ».
Ok pour l’audit de la Senelec
Sur le plan de l’Energie, le Chef de l’Etat a donné des instructions pour que des audits institutionnels et de gestion soient effectués au niveau de la SENELEC et de la SAR. Ces « audits devront aboutir à la définition du meilleur profil pour une gestion efficiente du secteur de l’Energie », dit-il.
En outre, Me Wade, a donné des instructions au Ministre chargé de l’Agriculture, dans le cadre du renforcement des capacités de production des paysans, pour que tout matériel agricole, obtenu par le Gouvernement sous forme de don, soit rétrocédé gratuitement aux paysans. En revanche, le matériel agricole acheté par le Gouvernement doit être cédé aux paysans moyennant une rétribution et une subvention.
Pour ce qui est de la sécurité alimentaire en relation avec les partenaires bi et multilatéraux, il lui a demandé « d’élaborer et de mettre en œuvre un programme de construction de magasins de stockage des produits agricoles dans chaque communauté rurale ».
Pression sur les Ong
Evoquant, la question du foisonnement des ONG et de la nécessité de les rationaliser, le Chef de l’Etat a demandé au Premier Ministre de travailler à l’établissement de critères objectifs de leur accréditation dans notre pays. Il a, en outre, demandé leur rattachement au Ministère de l’Intérieur.
Google+