Une réforme institutionnelle de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), adoptée par la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement le 20 janvier 2007 à Ouagadougou, est entrée en vigueur depuis le 1er avril 2010. C’est sous ce rapport qu’est né le Comité de politique monétaire (Cpm) qui effectuait son baptême du feu, hier.
La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), dans un souci de conformer son mandat, sa mission et son architecture institutionnelle aux standards internationaux, a, entre autres mesures, mis en place un comité en charge de définir la politique monétaire de l’Union monétaire ouest-africaine (Cpm). Un organe, dont la première session s’est ouverte hier au siège de l’institution d’émission monétaire à Dakar. Avec la stabilité des prix comme premier point à l’ordre du jour.
Un choix que le gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley, à l’ouverture de cette rencontre, justifie par l’assignation par les statuts de la Bceao à la politique monétaire d’un objectif de stabilité des prix. « Il est important, avant d’en arriver à la formulation de la politique monétaire de l’institution d’émission, de définir la stabilité des prix et de s’accorder sur les indicateurs de sa mesure ainsi que sur l’objectif d’inflation pour l’Union », estime M. Dacoury-Tabley qui préside aussi aux destinées de ce nouvel organe.
Aussi, a-t-il souligné que cette définition quantifiée de l’objectif d’inflation, permet aux opérateurs économiques et aux marchés financiers de suivre l’action de la Banque centrale.
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A en croire le gouverneur de la Bceao, cette instance qui est investie d’une mission dont les enjeux revêtent une importance capitale pour le développement économique des Etats membres de l’Uemoa, aura un impact direct sur les conditions de financement des économies des Etats membres. « Ce comité, de par ses décisions, aura un impact direct sur les conditions de financement des économies des Etats membres de l’union et, partant, sur la croissance économique et le bien-être des populations », fait savoir M. Philippe-Henri Dacoury-Tabley.
Le gouverneur de la Banque centrale a aussi indiqué que le premier rapport sur la politique monétaire de l’Uemoa sera examiné au cours de cette réunion. Un document qui, non seulement va présenter au Cpm les analyses des services de la Banque centrale sur la conjoncture économique et monétaire, mais aussi, va servir de base de discussions aux différents participants. « La nouvelle orientation stratégique de la politique monétaire, plus axée sur une analyse des risques pesant sur la stabilité des prix, exige de la Banque centrale de disposer à temps d’informations statistiques fiables pour l’élaboration du rapport sur la politique monétaire », indique M. Philippe-Henri Dacoury-Tabley.
C’est pourquoi, a-t-il dit, des actions sont nécessaires pour lever cette contrainte, de manière à ce que la Bceao poursuive les efforts engagés dans ce domaine.
Par ailleurs, la désignation « des personnalités intuitu personae pour être membres des Conseils nationaux du crédit, en application de l’article 95 des statuts de la BCEAO » est renvoyée à la prochaine session du Cpm, renseigne M. Dacoury-Tabley qui lie cette décision au non accomplissement de « certaines diligences » par quelques Etats.
Ibou DIAO