MICROFINANCE : FONDS NATIONAL DE CREDIT POUR LES FEMMES

Le Fonds national de crédit pour les femmes sera officiellement installé le 27 octobre prochain. En prélude à cet événement, la ministre de l’entreprenariat féminin et de la microfinance a tenu, hier vendredi une conférence de presse. Mme Seynabou Ly Mbacké est revenue sur les critères d’attribution des prêts et les objectifs de ce nouveau fonds.

C’est à partir du 1er janvier 2011 que le Fonds national de crédit pour les femmes va démarrer ses premiers financements. Ce fonds dont la dotation initiale n’est pas encore connue, se veut « un outil privilégié de financement des femmes pour leur permettre de lutter contre la féminisation de la pauvreté », a dit la ministre de l’entreprenariat féminin et de la microfinance. Pour l’heure, le montant exact du fonds n’est pas encore connu. Seynabou Ly Mbacké parle de « quelques milliards », se voulant prudente, en attendant la validation du budget 2011. Ce nouveau fonds qui prend le relais du Projet Crédit Femme vise à « mettre en place une ligne de crédit et un système de financement adapté aux activités des organisations féminines, aider les femmes à développer des activités génératrices de revenus et à renforcer leurs capacités managériales et techniques. ». Pour répondre à ce dernier objectif, une direction des études et l’évaluation des projets est mise en place, par le ministère pour offrir ses services gratuitement aux femmes porteuses de projets.

Pour le fonctionnement du fonds, Mme Seynabou Ly Mbacké annonce d’emblée la couleur. « Nous ne faisons pas du social, il ne s’agit pas de subvention ». Les fonds sont destinés aux femmes, notamment les cibles les plus vulnérables, les financements seront compris dans la fourchette de 250 mille F Cfa à 5 millions de F Cfa, avec des taux d’intérêts qui « ne dépasseront pas 5%. » Ces taux dépendront de la nature et du coût des ressources disponibles au niveau du fonds. Mais, selon la ministre, il faut un taux moyen modéré qui sera fixé en fonction du coût de la ressource financière, et les durées de remboursement seront segmentées en fonction sur la base de la nature de la ressource. Le fonds fonctionnera avec des ressources de l’Etat, notamment du Budget consolidé d’investissement (Bci) mais selon Mme Mbacké, il peut aussi recourir au concours de partenaires pour lever le maximum de ressources. Les financements sont accordés à des structures formelles, c’est-à-dire à des groupements d’intérêt économique et également aux porteuses de projets individuels, inscrites dans les registres des chambres de commerce.

Pour assurer sa pérennité, le fonds sera basé sur le système du crédit revolving et un fond de garantie sera mis en place avec un taux de 1,5%. A en croire Mme Mbacké, les conditions du fonds seront plus avantageuses que celles des mutuelles dont les taux finals arrivent parfois à 27%.

Daouda GUEYE (Sud)

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