Avant même que la campagne pour la 12e présidentielle de notre pays ait débuté, rien ne présageait une issue autre que la victoire de celui qui est à la tête de l’Etat depuis 1987. Sept candidats étaient en lice pour ce marathon vers le palais de Kosyam et ce n’est pas le haut du tableau de cette course qui constituait une énigme, tant les forces en place étaient disproportionnées.
En effet, Blaise Compaoré, avec le ghota d’opérateurs économiques à ses petits soins, était le super favori. Le seule mystère résidait dans le classement des … « autres » ; et là encore, nul ne doutait que le chef de file de l’opposition, Me Sankara, et le député-maire de Dori, Arba Diallo, surclasseraient les quatre autres candidats. Tout le monde s’accordait à dire que ça allait se bousculer à la queue.
Des pronostics fusaient alors de partout, reléguant deux candidats quelque peu « atypiques », en l’occurrence Boukari Kaboré, dit le Lion, et Maxime Kaboré, dit l’Amiral, aux antipodes des premières places du classement de ce scrutin.
Cet atypisme réside dans le fait que les deux fils du Boulkiemdé étaient vraisemblablement les deux gladiateurs à ne pas disposer de machine politique. Le premier, même si la simple évocation de son nom ne laisse pas plus d’une personne indifférente, pour s’être révélé pendant la Révolution, est un peu un novice en politique. Sans omettre que sous nos tropiques, les votes des électeurs ne sont pas à la portée de toutes les bourses ; et le nerf de la guerre est loin d’être le facteur atout du Lion.
Il a d’ailleurs été le seul candidat durant la campagne, qui n’a pas usé de gadgets et autres tee-shirts pour attirer l’électorat. Quant au second, inconnu du grand public il y a de cela quelques mois, il vit en Belgique et n’est pas investi par un parti.
Un candidat indépendant, premier du genre au Burkina Faso. Eh bien, ces deux hommes ont ravi la vedette à des vétérans de notre scène politique tels les deux héritiers de feu le Pr Joseph Ki-Zerbo, Emile Paré et François Kaboré ; arrivés respectivement 6e et 7e. Même si les scores qu’ils ont réussis ne sont pas extraordinaires (2,30% pour le Lion et 1,47% pour Maxime), il y a lieu de féliciter ces deux prétendants au fauteuil présidentiel.
L’Observateur
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