Aider les victimes de la traite des personnes

Les États-Unis sollicitent la mise en place de services supplémentaires pour aider les victimes de la traite des personnes. « Les victimes de la traite des personnes ne devraient pas être traitées comme des criminels. Nous devons tout mettre en œuvre pour répondre à leurs besoins et nous assurer que leurs histoires sont entendues », dit Luis CdeBaca, ambassadeur itinérant pour les États-Unis et directeur au département d’État du Bureau chargé de la lutte contre la traite des personnes.

M. CdeBaca a plaidé en faveur de la mise en place de services d’aide supplémentaires pour les victimes de la traite des personnes les 10 et 11 juin lors d’une conférence de haut niveau à Kiev, en Ukraine, menée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la plus grande organisation au monde en matière de sécurité régionale avec 57 États membres d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie centrale, d’après ses indications.

« Si les victimes ont le sentiment de ne pas pouvoir faire confiance aux autorités, dit M. CdeBaca, ou si elles ont l’impression d’être jugées pour leurs choix et leurs actions, elles sont plus susceptibles de refuser les services qui leur sont offerts et de tourner le dos au processus judiciaire, ce qui mène à des issues judiciaires incomplètes ou insuffisantes et augmente les risques que la victime se retrouve à nouveau aux mains des trafiquants. »

PIPLe fait d’amener les victimes à dénoncer leurs trafiquants est une chose essentielle pour mettre fin à ces crimes, affirme M. Chris Smith, représentant des États-Unis et représentant spécial au sein de l’assemblée parlementaire de l’OSCE. « À l’heure actuelle, le risque qu’un trafiquant se fasse prendre en flagrant délit avec une ou plusieurs victimes est malheureusement très faible, et ceux-ci le savent très bien », dit M. Smith.

Selon les informations fournies par la délégation américaine présente lors de la conférence de l’OSCE, environ 6.000 poursuites judiciaires sont entreprises chaque année dans le monde pour des cas de traite des personnes, mais on estime le nombre de victimes de cette traite à 20 millions. « Cet écart énorme est intolérable, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour remédier à la situation », dit la déclaration officielle de la délégation américaine.

Il ne peut cependant pas y avoir de poursuites judiciaires si les victimes n’ont pas d’abord été identifiées, précise la déclaration américaine. « Tout d’abord, il est nécessaire de former les responsables de l’application de la lois et les premiers répondants. Il faut aussi créer des mécanismes de référence efficaces pour fournir une assistance aux victimes et les protéger ainsi que des protocoles de coopération entre les services d’aide aux victimes et les agences de justice criminelle. »

D’après la déclaration de la délégation américaine, les victimes de la traite des personnes hésitent à se confier en raison de la peur, de la barrière de la langue, du traumatisme physique ou d’un sentiment d’impuissance. Certaines victimes ne se considèrent parfois même pas comme victimes d’un crime et ne croient pas disposer de recours.

En septembre 2012, le gouvernement Obama a annoncé la mise en place d’un plan d’action stratégique global — le premier de la sorte aux États-Unis — visant à aider les survivants de la traite des personnes aux États-Unis à obtenir le soutien, l’aide et les services dont ils ont besoin. Des communautés de tout le pays ont été sollicitées pour contribuer à cet effort et venir en aide aux survivants. De plus, les consommateurs et les entreprises ont été invités à prendre conscience du fait que certaines chaînes d’approvisionnement participent à l’abus et à l’exploitation de victimes de la traite de personnes.

Bien que des lignes téléphoniques directes aient été mises à la disposition des victimes aux États-Unis et dans de nombreux pays membres de l’OSCE, il est nécessaire de créer un numéro unique pour les pays du monde entier, affirme M. Smith. « Grâce à une ligne téléphonique universelle, les voyageurs et les employés des transports qui soupçonnent être témoins de cas de traite de personnes pourront effectuer un signalement à n’importe quel moment, n’importe où dans le monde. Une ligne universelle aidera les victimes, et ce, peu importe l’heure et le lieu ».

« Le combat contre cette forme d’esclavage moderne est l’affaire de tous, dit M. Smith. Pour réduire, et éventuellement mettre fin à la cruauté qu’est la traite des personnes, il est important de coopérer et de faire preuve de coordination. »

Jane Morse

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