Le 3ème plan autisme provoque la colère de certains spécialistes

Le 3ème plan autisme dévoilé en mai en France ne fait pas l’unanimité parmi les professionnels de la psychiatrie. Suivant les recommandations de la Haute Autorité de santé, le plan autisme 2013-2017 qui coutera 205 millions d’euros, fait une large place à « une approche éducative, comportementale et développementale » au détriment d’une approche thérapeutique et psychanalytique, raison du mécontentement de certains spécialistes.

D’un côté les tenants d’une approche comportementale, éducatives à base d’apprentissages renforcés, de l’autre les tenants d’une approche psychanalytique et entre les deux, une guerre sans merci au point que jamais en France il n’a été possible de concilier ces deux approches qui pourraient pourtant se compléter. Un problème franco-français, qui ne touche pas que l’approche de l’autisme mais tous les secteurs du soin à la personne.

Entre les deux, des enfants et des adultes qui souffrent de leur maladie, alors que le seul objectif
des tenants des deux tendances est de tirer la couverture d’un côté au détriment de l’autre. Jusqu’alors, la prise en charge de l’autisme en France relevait plutôt de la pédopsychiatrie hospitalière, aujourd’hui, en annonçant un plan autisme favorisant les approches comportementales, on se situe dans l’autre extrême.

La Haute Autorité de l’Etat s’est basée, dans ses propositions sur l’autisme, sur le fait que les approches thérapeutiques et à tendance psychanalytique et psychiatrique n’ont fait la preuve ni de leur efficacité ni de leur absence d’efficacité. En affirmant cela, une porte s’est fermée à la pluralité des approches.

Marie-Arlette Carlotti, en prenant le parti de méthodes qui marchent (les méthodes éducatives) par rapport à celles qui ne fonctionnent pas, et en disant que n’ouvriront que des structures qui travailleront dans le sens attendu a entraîné une réaction vive de la part de certains spécialistes. Elle a également exacerbé une guerre qui ne date pas d’hier.

Cette annonce est vécue comme pouvant mettre en péril la pluralité et la coordination des interventions, selon le Syndicat des psychiatres des hôpitaux et la Société de l’information psychiatrique mais également la pluralité des approches… Un texte collectif nommé « Appel des 1000″ et signé au cours des Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie organisé par le Collectif des 39 demande la révision du plan autisme.

La revue médicale Prescrire a passé en revue le guide de la H.A.S, qui s’est basée selon elle, sur la méthode dite du « consensus formalisé » en raison du fait qu’il « privilégie les méthodes cognitivo-comportementales et écarte les autres approches sans argument solide », laissant peu de place pour les familles à un choix éclairé.

Il était sans doute dans l’intérêt de tous de permettre qu’une ouverture vers des approches plus comportementales, éducatives et développementale soit possible en France, alors que jusqu’alors ce n’était pas le cas. Dans ce sens, le Plan autisme répond à une nécessité dans l’hexagone. Fermer la porte aux approches psychanalytiques et de pédopsychiatrie n’est par contre sans doute pas un choix judicieux, mais étayé quand même par l’exemple positif de méthodes comportementales utilisées dans d’autres pays.

Une question reste cependant ouverte, si la diversité d’approches était possible, les tenants de l’approche psychanalytique qui trouvent ce rapport trop orienté dans le sens qui ne les arrangent pas accepteraient-ils de travailler dans des établissements où les méthodes éducatives et comportementales sont utilisées ? Rien n’est moins sûr, car ces dernières approches sont largement déconsidérées par ces derniers. Elles sont pourtant une ressource précieuse pour les équipes qui travaillent au quotidien avec des personnes autistes, parce qu’on se le dise, il y a une différence entre rencontrer une personne une heure dans un bureau par semaine, en individuel et prendre en charge un groupe d’enfants ou d’adultes autistes tout au long d’une journée.

Les spécialistes ne sont pas tous en accord avec le 3ème Plan autisme jugé trop orienté dans le sens éducatif et comportemental

Les spécialistes ne sont pas tous en accord avec le 3ème Plan autisme jugé trop orienté dans le sens éducatif et comportemental

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