Les femmes consomment plus d’antibiotiques que les hommes

Les femmes représentent 52,3 % de la population affiliée au régime général, mais leur part dans la consommation d’antibiotiques s’élevait à 57,3 %. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cet écart de cinq points.

Pour les raisons liées à la méthode de calcul, la consommation des enfants ne peut pas être correctement mesurée à partir des DDJ fixées pour un adulte. La dose prescrite à un enfant pouvant être très inférieure à la DDJ fixée pour un adulte, il s’ensuit que toute mesure de la consommation des enfants à partir d’une posologie trop élevée aboutit à sous-estimer cette consommation.

Lorsque l’on examine son évolution par tranche d’âge, la consommation des femmes s’établit tout d’abord à un niveau significativement plus élevé que celle des hommes (particulièrement entre 15 et 34 ans), mais elle baisse ensuite et se caractérise par une très grande stabilité. En revanche, la consommation masculine
suit une évolution assez différente. Le niveau de consommation augmente significativement dès 55 ans et ne cesse ensuite de progresser. Il en résulte que l’écart entre la consommation féminine et la consommation masculine se resserre pour la tranche d’âge 55-64 ans, et s’inverse même pour les tranches d’âge les plus
élevées.

D’autre part, en 2011, malgré une tendance générale à la hausse, une évolution positive doit être relevée : une moindre consommation globale de la population ayant plus de 74 ans. La consommation des hommes âgés de plus de 84 ans demeure néanmoins très élevée. En ce qui concerne la population féminine, la consommation ne progresse quasiment pas entre 35 ans et 74 ans.

Et à chaque âge correspond une consommation spécifique de certains antibiotiques

Myopathie FSH , un nouveau traitement prometteurSi la consommation de pénicillines à large spectre (J01C) représente toujours, quelle que soit la classe d’âge considérée, plus de la moitié de la consommation, la part relative de quelques autres familles d’antibiotiques – aux indications plus restreintes – varie significativement selon l’âge des patients. Ainsi, la part de la consommation des tétracyclines (J01A) ne cesse de diminuer à mesure que l’âge progresse.

Les indications de la doxycycline et de la minocycline dans le traitement de l’acné expliquent que la part des tétracyclines soit importante (> 22%) pour une population composée en partie d’adolescents et de jeunes adultes. Une évolution exactement inverse est observée pour les quinolones (J01M), dont les molécules les
plus utilisées ont des indications portant sur les infections urinaires et gynécologiques, voire sur les infections de la prostate.

Il est donc logique que la fréquence de leur utilisation progresse avec l’âge des patients. Cette remarque s’applique également, dans une moindre mesure, à la classe des « autres antibactériens » (J01X), dont plusieurs molécules sont spécifiquement destinées au traitement des infections urinaires, telles que la cystite aiguë de la femme. Il s’agit toutefois d’une classe dont les substances sont globalement peu utilisées en ville.

Globalement la consommation est majoritaire chez les patients de sexe féminin

En 2011, les femmes représentaient 52,3 % de la population affiliée au régime général, mais leur part dans la consommation d’antibiotiques s’élevait à 57,3 %. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cet écart de cinq points. En premier lieu, il a été relevé p. 18 que la consommation des personnes âgées est supérieure à la moyenne ; or l’espérance de vie des femmes est supérieure à celle des hommes. Ainsi, parmi la population âgée de plus de 64 ans, la proportion des femmes s’élève à 59,0 %.

Cet élément démographique contribue donc à augmenter globalement la consommation des femmes. En second lieu, pour les tranches d’âges les plus fournies, la consommation des femmes est plus importante que celle des hommes, notamment dans les tranches 15-34 ans et 35-54 ans. Bien qu’ils soient difficilement quantifiables, des facteurs liés aux modes de vie et aux habitudes familiales (soins donnés par leurs mères à des enfants habituellement gardés en
collectivité, par exemple) permettent sans doute d’expliquer cet écart.

Ce déséquilibre entre hommes et femmes ne peut donc être que partiellement compensé par le fait que la consommation masculine est plus élevée dans les tranches d’âge supérieures (qui sont numériquement beaucoup moins fournies que les tranches d’âges correspondant à la population active).

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