Tatouages éphémères noirs à base de henné : mise en garde de l’Ansm

Les tatouages noirs temporaires sont le plus souvent proposés aux vacanciers sur les plages, dans les centres de vacances ou sur les marchés. Ils rencontrent beaucoup de succès, car leur coloration noire est plus appréciée que la teinte habituelle du henné qui varie du brun à l’orange.Malgré les alertes répétées des autorités sanitaires, des dizaines de cas d’allergies cutanées graves après un tatouage éphémère au henné noir sont répertoriés chaque année. En cause, la paraphenylènediamine ou PPD, substance chimique ajoutée en quantité illégale au henné pour lui conférer sa couleur noire. Afin d’évaluer plus rapidement le risque pour le patient de développer une hypersensibilité à tous les produits contenant du PPD, le Centre Hospitalier Lyon Sud développe avec l’Inserm un nouveau test immunologique sanguin.

Utilisé pur, le henné est inoffensif et présente une teinte marron ou orange. Toutefois, les tatoueurs choisissent parfois, pour obtenir une teinte plus foncée et augmenter la longévité du tatouage, d’ajouter de façon illégale à leur mélange de la paraphenylènediamine (PPD). C’est ce que l’on appelle le “henné noir”.

La paraphenylènediamine ou PPD est une amine aromatique dotée de propriétés colorantes. Elle est utilisée légalement dans les teintures capillaires avec une concentration maximale autorisée de 4%, mais de façon illicite dans le henné noir avec une proportion pouvant aller jusqu’à 25-30% du mélange. L’allergie au PPD peut laisser des cicatrices indélébiles et s’accompagner à plus long terme d’allergies croisées à d’autres substances, telles que des teintures capillaires, des caoutchoucs teintés, certains médicaments ou des colorants vestimentaires.

Tatouages éphémères noirs à base de hennéLa PPD provoque parfois des allergies retardées avec apparition, en moyenne 9 jours après le tatouage, d’un eczéma reproduisant le motif du dessin tracé au henné. Ces réactions allergiques peuvent être violentes, nécessitant parfois une intervention médicale urgente, voire une hospitalisation. Les réactions risquant d’être de plus en plus marquées à chaque nouveau contact, il est important de pratiquer un bilan allergologique afin de définir le risque d’hypersensibilité pouvant survenir avec tout produit contenant de la PPD.

Risque d’allergies graves avec les tatouages au henné noir

Dermatologues et allergologues signalent à l’Agence des cas d’eczéma de contact (eczéma allergique) survenus dans un délai de quelques jours à quelques semaines après la réalisation de tatouages éphémères pratiqués avec du henné contenant de la paraphénylènediamine (PPD).

Cette substance est ajoutée illégalement au henné afin de donner une couleur noire aux tatouages et d’augmenter leur longévité. La PPD est une substance autorisée dans les produits cosmétiques, uniquement dans les teintures capillaires, à une concentration ne pouvant excéder 6%. Cette substance est également utilisée pour colorer les textiles notamment.

Les cas d’eczéma rencontrés peuvent entraîner des réactions violentes, nécessitant parfois une intervention médicale urgente voire une hospitalisation. Ils peuvent être limités à la zone tatouée ou s’étendre à la zone avoisinante voire à tout le corps. Ces réactions peuvent également conduire à une polysensibilisation, notamment à des caoutchoucs, des colorants vestimentaires et à des teintures capillaires et empêcher la pratique de certaines professions comme celle de coiffeur par exemple.

Ces sensibilisations sont de plus en plus préoccupantes, : elles affectent principalement des enfants ou des adolescents et sont susceptibles d’avoir des incidences dans leur vie quotidienne et/ou professionnelle. En dernier lieu, il est utile de rappeler que l’induction de sensibilisation a un caractère irréversible.

Compte tenu des cas d’eczéma allergique signalés, des difficultés de contrôle du circuit de distribution des produits et des lieux de réalisation des tatouages, l’Agence met en garde contre les risques et déconseille la réalisation de tatouage noir temporaire au henné.

L’Agence s’adresse aux professionnels de santé, afin qu’ils informent leurs patients sur les risques liés à ces tatouages et qu’ils puissent identifier une éventuelle allergie à une substance colorante autre que la PPD liée à la réalisation d’un tatouage éphémère noir.

Un diagnostic plus simple et moins risqué

Le diagnostic de ces allergies repose actuellement sur des tests cutanés (patch tests) au cours desquels le patient est mis en contact avec l’allergène. « Ce type de test implique que le patient se déplace 3 fois auprès d’un allergologue pour la pose des tests et les lectures, et l’expose à un risque de réaction locale violente, voire de réactivation de son eczéma initial lorsque la sensibilisation est forte » déplore Audrey Nosbaum, dermatologue allergologue au Centre hospitalier Lyon Sud et membre de l’unité de recherche Inserm U851.

Un test diagnostique des eczémas allergiques de contact à la PPD, réalisable sur une simple prise de sang, est donc en cours de développement. Fruit d’une collaboration étroite entre les Hôpitaux Civils de Lyon (HCL), l’unité Inserm 851 et la banque de tissus ALLERGOBIOTEC des HCL, le test immuno-enzymatique ELISPOT permet de dépister les cellules spécifiques de l’allergène.

« Si le patient est allergique, les lymphocytes T spécifiques de PPD s’activent en présence de PPD et sécrètent des cytokines inflammatoires qui sont détectées par ce test. Nous l’avons mis au point pour les hypersensibilités aux pénicillines et le développons actuellement avec la PPD », explique Audrey Nosbaum, « il permettra ainsi de rendre plus accessible ces tests et d’éviter le risque de réactivation cutanée ».

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