La chauve-souris à l’origine du coronavirus MERS-CoV

Le MERS-CoV (nouveau coronavirus) vient d’être trouvé dans les excréments d’une chauve-souris en Arabie saoudite par une équipe internationale de chercheurs. Cette découverte confirme les intuitions de certains scientifiques qui soupçonnaient déjà cet animal d’être coupable de l’apparition du coronavirus au Moyen-Orient. Ils avaient en effet détecté que le gène d’un virus infectant la chauve-souris ne différait que de 1,8 % du coronavirus impliqué dans le syndrome respiratoire du Moyen-Orient.

Jusqu’alors, il n y avait pourtant aucune preuve de l’hypothèse selon laquelle le nouveau coronavirus pourrait bien avoir comme origine la chauve-souris. Les chauves-souris d’Europe de l’Est et d’Afrique portaient bien un virus similaire au coronavirus, mais en Moyen-Orient, où la maladie s’était déclenchée, les chercheurs n’avaient identifié aucun animal porteur du virus.

Aussi la découverte d’une équipe internationale de chercheurs du virus dans des excréments de chauves-souris en Arabie saoudite relance-t-elle la piste des chauves-souris comme animal que pourrait être à l’origine de l’apparition du MERS-CoV au Moyen-Orient à la mi-septembre 2012.

Depuis son apparition au Moyen-Orient, le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) continue de se propager en majeure partie dans cette région. A l’échelle mondiale, depuis le début de l’épidémie, l’OMS a enregistré au total 91 cas confirmés en laboratoire d’infection par le Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient. 46 personnes en sont décédées, ce qui indique que ce virus est très virulent. Le virus continue à infecter des êtres-humains, un nouveau cas originaire de la région d’Assir a été signalé le 28 juillet dernier, et il est actuellement hospitalisé dans un état grave. Un autre cas confirmé en laboratoire de la même région est décédé.

Comment se transmet le virus, quel animal le transporte sont quelques unes des questions auxquelles les scientifiques tentent tant bien que mal de répondre. Les chauves-souris n’étant pas en contact direct avec les hommes, les spécialistes de la question ont émis l’hypothèse d’un autre vecteur de transmission intermédiaire. Dans une étude récente, une équipe, grâce à des prélèvements sanguins sur différents animaux, a réussi à déceler sur tous les dromadaires des anticorps anti-MERS-CoV, montrant que cet animal pouvait bien avoir été en contact avec le virus à un moment ou à un autre. Le fait que tous les dromadaires soient protégés contre le virus suggère fortement que l’infection n’est pas récente. De plus, si on a trouvé des anticorps sur le dromadaire, aucun virus n’y a été décelé. Les derniers résultats montrent par contre la présence du virus lui-même dans des excréments de chauves-souris.

On pourrait crier victoire, et pourtant, le fait que le virus n’ait été trouvé que dans un seul échantillon, celui d’une chauve-souris insectivore, rendent l’hypothèse de l’origine de l’infection par le coronavirus fragile. Les chercheurs du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies d’Atlanta vont devoir mener de nouvelles enquêtes pour confirmer ou infirmer les résultats.

La question qui reste posée est comment la transmission de la chauve-souris à l’homme a pu se faire ? L’espèce de chauve-souris incriminée, la Taphozous perforatus, a l’habitude de nicher dans les bâtiments abandonnés.Selon les experts, il serait possible que les personnes infectées qui s’abritaient dans les bâtiments aient pu attraper la maladie par voie respiratoire. La chauve-souris présentant le coronavirus dans les excréments provient en effet de Bisha, une ville saoudienne où une victime possédait un entrepôt. A côté de cet entrepôt vivaient des chauves-souris venant se nourrir d’insectes et de fruits.

Les investigations continuent, certains chercheurs travaillent sur le vecteur de transmission intermédiaire qu’est le dromadaire, d’autres tentent de trouver de nouvelles chauves-souris infectées par le nouveau coronavirus, les troisièmes continuent à faire des prélèvements sur d’autres animaux, car pour le moment, il faut bien se rendre à l’évidence, il y a beaucoup d’hypothèses, mais très peu de certitude.

La chauve-souris, à l'origine du coronavirus MERS-CoV ?

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