Une pétition signée par 140 personnalités pour sauver la Sécu

A la suite du Professeur André Grimaldi diabétologue travaillant à la Pitié Salpêtrière à Paris et de 8 autres confrères, 140 personnalités de droite et de gauche ont signé un appel visant à sauver le principe de solidarité qui existe en France via la sécurité sociale pour l’accès aux soins pour tous. Ce système est en effet aujourd’hui en danger en raison de la part de plus en plus importantes que prennent les assurances complémentaires dans le remboursement entre autre des soins courants.

Cet appel relayé par Le Parisien, qui s’intitule « Pour un débat public sur la santé » a été lancé à l’initiative du Pr André Grimaldi mais aussi du Dr François Bourdillon (CHU Pitié Salpêtrière, Paris) de la Dr Mady Denantes (médecin généraliste, Paris), du Dr Anne Gervais (Vice-présidente de la CME de l’APHP) du Pr Bernard Granger (CHU Cochin, Paris), de la Dr Anne Marie Magnier (professeur de médecine générale, Paris 6), du Dr Martial Olivier-Koehret (médecin généraliste), de Mr Frédéric Pierru (sociologue, chargé de recherches au CNRS, Lille) et de Mr Didier Tabuteau (responsable de la chaire Santé de Sciences Po Paris).

Les 140 personnalités ayant signés cet appel sont issus de domaines aussi variés que la politique, la santé, la sociologie, l’économie, l’histoire, les mathématiques ou encore l’épidémiologie, et cette liste est loin d’être exhaustive.

A travers cette pétition, ils demandent que soit ouvert « un large débat citoyen suivi d’un vote solennel de la Représentation nationale, sur le choix entre le financement des dépenses de santé par la Sécurité sociale ou par un assureur privé dit « complémentaire ».

Ces dernières années, en effet, la tendance de plus en plus forte consiste à transférer les soins habituellement pris en charge par un système solidaire pour tous via l’assurance maladie et la sécurité sociale aux assurances dites « complémentaires » dénoncent les signataires de l’appel. Ce ne sont ainsi plus que 50 % des soins courants (médicaments, cures thermales, séances de kiné ou encore consultations chez un médecin) qui sont remboursés par l’assurance-maladie. La prise en charge est encore plus faible pour l’optique, le remboursement des frais dentaires ou d’audioprothèses.

Les meilleurs remboursements sont effectifs pour les malades les plus gravement atteints et les patients les plus pauvres aussi l’appel des 140 personnalités dénoncent également le glissement « d’une logique de prise en charge solidaire à une logique d’assistance pour les plus pauvres et d’assurance pour les plus riches et des malades les plus gravement atteints ».

Car les « complémentaires » sont moins solidaires, moins égalitaires et également plus chères. Il s’agit donc bien, à travers cette pétition, de permettre que la généralisation des complémentaires de santé ne conduise pas à l’arrêt de mort du système de santé universel et solidaire représenté par la Sécurité sociale. L’enjeu est important : la part trop importante des « complémentaires » dans la prise en charge conduiraient en effet à creuser les inégalités sociales de la santé.

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6 Responses

  1. 140 personnes favorables aux soins palliatifs ?
    Copions donc l exemple allemand et faisons payer sur patrimoine propre les erreurs de gestion et les abus des 2 cotes !

    • Le modèle allemant avant d’en parler, il fau le connaitre ! Les salariés allemand sont mécontent.
      Quand au abus : les conditions de traavail, les cancers liés à l’environnement, l’amiante et j’en passe…Les victimes s’en passeraient.
      Pour le financement un seul moyen qui a fait ses preuves : la cotisation sociale. La sécu c’est le patrimoine de ceux qui n’en n’ont pas.
      Comme le propose Bernard Friot : socialison le PIB. Les producteurs c’est nous, et pas le gouvernement et le patronat. La Sécu, notre bien commun ne leur appartien pas.
      Michel Cialdella, ancien administrateur de la CPAM de Grenoble

  2. bonjour je suis persuadé que si l’on surveillait les moindres fraudes de
    tous les utilisateurs et bénéficiaires la S S ne serait pas en danger.
    merci Mr FERRAND

    • Je rappelle qu’un rapport du Sénat sur les fraudes révèle que celles-ci émanent seulement à 20% des usagers. Les 80% restant sont le fait des employeurs et des professions libérales. Il reste également à définir les fraudes…. Lorsque l’on sait que tous les ans 400 personnes se suicident au travail….
      Certains employeurs font mettre leurs salariués âgés en maladie pour ne pas les licencier.
      Lorsque l’on parle de fraudes il faut également évoquer les non-recours qui selon le rapport de l’ODENOR est trois fois supérieur !
      Michel Cialdella ancien administrateur à la CPAM de Grenoble.

  3. Sous couvert de diminution du déficit de la sécu on assiste depuis des années à une privatisation progressive de l’assurance maladie.
    Au lieu de rembourser de moins en moins la sécu devrait augmenter ses cotisations mais on préfère que les assurés payent de plus en plus cher une assurance privée… De toute façon le résultat en terme de perte de pouvoir d’achat est le même à la différence près qu’avec ce système de plus en plus de personnes ne sont plus totalement couvertes et hésitent à se faire soigner.

  4. La santé est un des biens les plus précieux et seul le service public est le seul capable d’assurer pour tous une égalité .

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