La tuberculose est liée à l’homme depuis 70 000 ans

Une étude vient de montrer que la tuberculose serait née voilà 70 000 ans en Afrique et aurait suivi depuis lors toutes les migrations. Parue  dans la revue Nature Genetics, cette recherche remet en question les connaissances des spécialistes sur cette maladie qui avaient émis l’hypothèse de son apparition voilà 10 000 ans chez les animaux avant de finalement se transmettre aux hommes.

La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible et non immunisante provoquée par une mycobactérie du complexe tuberculosis correspondant à des germes variés et principalement Mycobacterium tuberculosis (ou bacille de Koch ou BK). Réduite à partir de 1950 par l’administration d’antibiotiques, l’apparition de souches multi-résistante entraine aujourd’hui un regain de son activité dans le monde, entrainant de nombreux décès. Selon les chiffres donnés par l’OMS, elle a tué 1,4 million de victimes et 8,8 millions de nouveaux cas ont été recensés pour la seule année 2010.

Alors que cette maladie reste la plus meurtrière dans le monde après le sida, la recherche se poursuit donc intensément pour la combattre comme en témoignent les deux nouveaux articles qui viennent de paraître dans la revue Nature Genetics.

La première a été réalisée par une équipe scientifique helvético-espagnole sur l’origine de la Mycobacterium tuberculosis. A partir du séquençage de 259 souches de bactéries, les chercheurs ont établi leur arbre généalogique ainsi que leurs origines géographiques.

Les résultats ont permis de mettre en évidence que le bacille de Koch (à l’origine de la tuberculose) serait apparu il y a 70 000 ans en Afrique a suivi depuis lors l’homme dans toutes ses migrations. Cette découverte remet en questions ce qui est connu sur la maladie puisque les spécialistes estimaient jusqu’à présent que cette pathologie se serait préalablement développée chez les animaux il y a 10 000 ans et aurait ensuite colonisé les hommes.

La tuberculose, cette maladie infectieuse et mortelle, a suivi depuis son apparition il y a 70 000 ans, toutes les migrations des hommes.

La tuberculose, cette maladie infectieuse et mortelle, a suivi depuis son apparition il y a 70 000 ans, toutes les migrations des hommes.

La présence de l’infection chez l’être-humain il y a 70 000 années exclut une infection humaine à partir d’animaux domestiques puisque les chasseurs et cueilleurs de cette époque n’avaient pas encore apprivoisé d’animaux, en raison du fait que la révolution agricole néolithique n’avait pas encore eu lieu.

Les scientifiques ont également émis l’hypothèse, à partir de ces travaux, que les bactéries de la tuberculose auraient pu être latentes pendant un certain temps avant de devenir plus virulente chez l’homme. Si la bactérie avait été aussi virulente autrefois, tous les être-humains infectés en seraient morts, et la bactérie aurait disparu.

Selon les chercheurs, leur virulence pourrait s’expliquer par un processus évolutif. C’est au cours de la période néolithique ou de la révolution industrielle et en raison de l’augmentation de densité de la population, que cette mycobactérie se serait répandue, un parallélisme troublant pour les scientifiques en terme d’évolution.

Changements de mode de vie, migrations font parties des facteurs qui ont favorisé toujours selon cette étude l’évolution de cette pathologie qui s’est avérée de plus en plus meurtrière, affirme le laboratoire Swiss TPH.

Les bactéries de la tuberculose semblent, selon les hypothèses développées par cette première étude, douée de la capacité à développer un processus évolutif. Ceci pourrai-il expliquer le développement des multirésistances aux antibiotiques aujourd’hui ?

Les scientifiques cherchent en tout cas à comprendre de nos jours pourquoi le Bacille de Koch résiste aux traitements et c’est dans le cadre de la compréhension des mécanismes de résistance de cette mycobactérie qu’une deuxième étude a été entreprise par des chercheurs de la Harvard Medical School, aux États-Unis.

Alors que jusqu’à présent, il était admis que la résistance aux antibiotiques de la mycobactérie impliquée dans la tuberculose était liée à une seule mutation dans un gène. A travers leur recherche, les scientifiques viennent de constater qu’il n’en était rien : certains autres gènes seraient chargés de réguler les parois cellulaires de la bactérie, le lieu précis où les antibiotiques vont s’attaquer au bacille.

La résistance aux antibiotique serait ainsi un processus complexe se développant en plusieurs étapes qui commencerait avec une faible résistance, pour s’intensifier au fur et à mesure. Cette étude offre de nouvelles pistes de recherche primordiales pour tenter de trouver de nouveaux antibiotiques et de nouveaux vaccins efficaces contre cette maladie.

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