Bilan du sommet de la Francophonie à Montreux

La proposition du Président Paul Biya relative à la création d’un fonds de solidarité d’urgence a été fortement saluée, à l’issue de la rencontre qui s’est achevée la semaine dernière en Suisse.

Quarante-huit heures après la fin du XIIIe sommet de la francophonie à Montreux en Suisse , les langues se délient, qui pour critiquer tel aspect de la rencontre, qui pour louer tel. Cependant, il faut être juste et reconnaître que dans l’ensemble, tout s’est bien déroulé. Même s’ils ne se sont pas mis d’accord sur tous les points, les participants ont tout de même reconnu qu’il est fondamental de renforcer l’influence du français dans le monde, que l’Afrique mérite une meilleure place dans la gouvernance mondiale et que la solidarité entre les différents membres était très nécessaire. Reste à présent à passer de la parole aux actes.

En ce qui concerne le Cameroun, le sommet de Montreux restera dans les mémoires comme un événement exceptionnel. C’était le quarantième anniversaire de l’acte fondateur de la francophonie qui a vu le jour à Niamey (Niger) en 1970. C’était également le dixième anniversaire de la déclaration de Bamako (Mali) . Des moments forts que le Cameroun avait vécus et qu’il fallait commémorer. D’où la présence du président de la République en Suisse le week-end dernier. Cependant, ce n’était pas la seule raison.

Décidé à porter haut la voix du Cameroun partout où cela est nécessaire, le chef de l’Etat ne ménage aucun effort et saisit toutes les opportunités qui s’offrent à lui. Le sommet de Montreux était justement une occasion idéale pour faire entendre notre voix. Et Paul Biya ne l’a pas ratée. Conscient du fait qu’il n’est pas seulement le chef de l’Etat du Cameroun, mais l’un des hommes qui comptent sur la scène politique internationale, et singulièrement sur la scène politique africaine, Paul Biya a été clair sur les sujets abordés : la crise alimentaire, le réchauffement climatique, l’avancée du désert, la diminution des rendements agricoles, l’irrégularité de la production hydro-électrique…

Fonds de solidarité

Cependant, les observateurs avertis retiendront que lors de l’ouverture du sommet de Montreux, le président Paul Biya, l’un des rares chefs d’Etat à prendre la parole, a fait une proposition d’importance capitale qui, si elle est adoptée comme tout le monde l’espère, résoudra bien le problème de solidarité dans le monde francophone ,problème de solidarité auquel tout le monde a fait allusion à Montreux s’agissant de Haïti. Selon lui, il est grand temps d’envisager la création d’un fonds de solidarité d’urgence au sein de l’organisation internationale de la Francophonie. Ce fonds, s’il voit le jour, permettrait de faire face efficacement et surtout rapidement aux éventuelles catastrophes qui ne manqueraient pas de survenir dans l’espace francophone, un espace qui couvre tout de même les cinq continents et concerne 220 millions de personnes. Quoi qu’il en soit, cette proposition a marqué les esprits, si l’on en juge par les applaudissements nourris qui l’ont suivie.

En dépit d’un calendrier très chargé à Montreux, le président de la République a néanmoins trouvé du temps pour accorder deux audiences à deux hautes personnalités. Il s’agit de la présidente de la confédération helvétique, Mme Doris Leuthard et du président de la République de Géorgie, Mickhaïl Saakachvilli. Toutes ces hautes personnalités ont reconnu la stature internationale du président de la République. Si Mme Leuthard a décidé d’œuvrer pour le renforcement rapide des relations entre la Confédération helvétique et le Cameroun, le chef de l’Etat géorgien a beaucoup admiré l’intelligence et la vaste culture politique de Paul Biya.

C’est la première fois que le chef de l’Etat géorgien participait à un sommet de la Francophonie. Le peuple géorgien a toujours été lié à l’occident, et surtout à la France. Ce n’est pas un hasard si lorsque le gouvernement géorgien est renversé par les bolchevicks en 1921, c’est à Paris qu’il s’exile pendant des décennies. Il y a un lycée français actuellement dans la capitale de ce pays et le tiers du gouvernement actuel parle un français académique, y compris le président Mickhaïl Saakachvilli qui a rencontré le président Paul Biya, dimanche soir.

Ndzinga Amougou

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